Le Philosophe dans la Cité

Le postmoderne et l’esthétique du simulacre / par Flavia Conte / mars 2009
Résumé
Comme on le sait, le terme « postmoderne » ne se présente pas à sa naissance comme un topos philosophique à vocation générale ; on sait bien en effet qu’il n’a pas de genèse philosophique, mais qu’il s’est développé dans le contexte spécialisé du langage architectural et de la littérature américaine, qu’on commence à en parler dès les années Trente et qu’il a même officiellement une date de naissance symbolique. Le moment était venu de se défaire de l’abstraction du fonctionnalisme moderniste qui faisait travailler certains architectes comme Le Corbusier, Lloyd Wright et Van der Rohe selon la vision d’un projet universaliste et cosmopolite, anonyme, schématique dans ses effets créatifs, élitiste par son intention de rationaliser les volumes et les formes d’habitation, et indifférent au fond au public à qui il était essentiellement destiné. Un goût nouveau et une nouvelle sensibilité intolérants aux schématismes de l’esthétique et de la littérature High Modern, s’affirment sur la scène culturelle, américaine surtout, autour des années 1960 : dans un essai de 1964, The Death of Avant-Garde Literature, Leslie Fiedler déclarait que l’avant-garde était morte désormais, pour être devenue, avec l’aide des mass-média, elle qui avait dénoncé les modes de façon provocatrice, une mode à son tours, sans plus rien de provocant. L’avant-garde était devenue un conformisme esthétique, un maniérisme, qui servait à créer des hiérarchies et des distinctions sociales, de l’élitisme académique.
Esthétique / Post-modernisme / Hyper-modernité / Post-structuralisme / Architecture